Un exemple de réalisation concrète permettant d'économiser l'eau. Il se base sur la récupération de l'eau de pluie. Une fois collectée l'eau alimente une citerne de 300 litres. En complément, un puits de 1 mètre 50 de profondeur pour l'arrosage intégral du jardin.
Voir le dossier complet passant de la nouvelle législation à l'installation sur Bricolsec
Voir aussi le crédit d'impôt sur service-public.fr
Voir aussi article ci-dessous du Blog : coalition06
Si pour vous, arroser son jardin, alimenter ses toilettes, sa machine à laver, nettoyer les sols avec de l’eau potable est une aberration, vous êtes prêt pour la récupération d’eau de pluie. Ne vous attendez pas à faire de réelles économies en installant un système de récupération, mais soyez assuré que vous participez fortement à la réduction du gaspillage de l’eau potable. En effet l’amortissement d’une telle installation est environ de 15 ans.
Qu’est ce que la récupération d’eau de pluie ?
Le principe est simple, une cuve enterrée ou extérieure selon l’usage pour récupérer l'eau de pluie des gouttières, une pompe avec son aspiration dans la cuve, un filtre, un réseau spécifique d'alimentation vers les WC, robinets extérieurs...
La législation
L'utilisation de l'eau de pluie est autorisée pour l’alimentation des WC et des lave-linges à titre expérimental, l'arrosage du jardin. Il est bien entendu exigé un réseau d'alimentation spécifique. L'utilisation de l’eau potable doit être conservée pour le reste des besoins de l’habitat, soit, les lave-vaisselles, douches, lavabos…
L'utilisation de l'eau de pluie lorsqu'elle est branchée avec un secours sur l'eau de ville répond à des règles très stricte de disconnexion afin de ne pas polluer bactériologiquement l'eau de ville. Un simple by-pass manuel est donc interdit. Il existe d'ailleurs des pompes qui répondent aux spécifications de la DDASS (disconnexion par surverse intégrée, norme EN1717).
Une déclaration en mairie doit être faite pour information à la société qui traite les eaux usées (quand traitement collectif).
Même si ce n’est pas le cas actuellement, à terme, cette déclaration pourrait déboucher sur une taxe spéciale. Il faut, désormais, avoir un compteur pour évaluer le volume d'eau de pluie qui va à l'assainissement.
Il convient de réaliser un schéma de l'installation et de mettre une signalisation sur les points d'eau concerné. Il est recommandé de mettre des systèmes inviolables et de tenir à jour un carnet sanitaire.
Le crédit d’impôt
Le crédit d'impôt est applicable depuis le 1er janvier 2007 et jusqu'au 31 décembre 2012, le code des impôts a été modifié le 19 juin 2009.
Il prend en charge à hauteur de 25% la fourniture et cela jusqu'à 8000€ maxi. La prestation doit être faite par une seule entreprise et donc une seule facture.
Le matériel pris en charge: cuve spécifique eau de pluie, la pompe, le système de disconnexion, les filtres par dégrillage, les crapaudines, les robinets de puisage verrouillables, la signalétique, les dérivations sur descente ou regards de dérivation et les conduites de liaison.
Pour les installations réalisées entre le 1er janvier 2007 et le 18 octobre 2008, il faut impérativement mettre aux normes pour bénéficier du crédit d’impôt (disconnexion, compteur).
Le coût d’une installation
Il faudra compter un budget global moyen de 5000 Euros suivant le type de cuve que vous désirez installer. Ce budget comprend les équipements, la pose, la connexion au réseau public d’assainissement. Prévoyez lors de l’achat des équipements leurs coûts de maintenance et d’entretien, certains d’entre eux sont plus onéreux que d’autres. Pensez aussi à l’évacuation de la terre si vous optez pour une installation enterrée.
Si votre principale motivation est de réaliser des économies sur votre consommation d’eau, cette opération ne sera rentable qu’à long terme. Investir dans ce type d’équipement est avant tout un acte fortement écologique.
LES CHOIX TECHNIQUES
La cuve
Le choix de la cuve passe en premier par l’utilisation dont on veut en faire.
Les choix : a) arrosage, b) arrosage + WC + Lave-linge
Les types de cuves
Les cuves en polyéthylène ont une durée de vie moyenne de 30 ans, elle se comporte comme une bouteille d'eau minérale: elle conserve les caractéristiques d'acidité de l'eau d'où risque de corrosion sur le réseau aval.
Les cuves bétons se font attaquer par l'eau de pluie naturellement (et légèrement) acide. Ce qui a pour effet de neutraliser le pH et donc évite la corrosion des appareils sur le réseau d'eau de pluie (tuyauterie, raccord...). Sa durée de vie est plus longue, mais un enduit est à refaire tous les 10 ans.
La filtration
Afin de ne pas récupérer des feuilles, du sable ou des petites bêtes, il faut impérativement une filtration entre les gouttières et la cuve.
Elle peut être dans un regard entre les gouttières et la cuve ou comme le propose maintenant les fabricants de cuves directement intégrée à celle-ci.
Par sécurité, on peut rajouter un filtre à la sortie de la pompe si l'on veut être sur de ne pas boucher les canalisations.
La pompe
Elément indispensable pour la distribution de l'eau vers les WC et robinets, c'est un élément de la chaîne qu'il ne faut pas négliger. En effet, elle doit être fiable, bien dimensionnée, silencieuse (installée dans le garage et donc à proximité des pièces à vivre), ne pas trop consommer d'électricité et facile à installer et à amorcer.
Dimensionnement
Sachant qu'un réseau d'eau de ville est de l'ordre de 3 bar, il faut donc choisir une pompe de 3 bar pour 3m3/h. Attention, dans le commerce ce sont les caractéristiques maximum qui sont mentionnées.
Silencieuse et économe en électricité
Il faut choisir une pompe multicellulaire, c'est à dire avec plusieurs roues. L'eau en passant de roue en roue fait office d'isolant phonique. Les rendements de ce type de pompe étant meilleurs que les pompes avec une seule roue, la consommation électrique est plus faible.
L’aspiration
2 possibilités pour l'aspiration de la pompe dans la cuve :
- Aspiration rigide avec un clapet crépine à environ 20 cm du fond de la cuve afin de ne pas aspirer les dépôts éventuels
- Kit semi-souple avec un clapet crépine flottant, ce qui permet à l'aspiration de suivre le niveau d'eau et d'aspirer dans l'entre deux eaux qui est le niveau le plus propre.
La disconnexion - L’élément le plus important pour l’acceptation d’un dossier DDAS
La disconnexion consiste à ce que l'eau de pluie ne soit jamais en contact avec l'eau de ville quand il y a un secours de prévu pour palier le manque d'eau dans la cuve. Et cela pour que les risques de pollutions bactériologiques entre les 2 réseaux soient impossibles.
La disconnexion est l'élément le plus important pour que le dossier soit accepté auprès des DDASS et fait partie des obligations légales de l'installation.
2 solutions:
- Jeu de vannes avec un 'disconnecteur'. C'est un appareil qui répond à des normes très strictes. Il faut savoir que cet appareil doit être contrôlé tous les ans par un organisme agréé. Cela a un coût à ne pas négliger (de l'ordre de 150€/an !) et l'arrêt de la récupération de l'eau de pluie pendant la période de révision du disconnecteur...
- Disconnexion par surverse (norme NF EN 1717) comme cela est recommandé dans les textes officiels. Solution fiable sans maintenance particulière.
Signalétique
Il faut prévoir une signalétique "eau non-potable " sur les robinets d'arrosage ainsi que ceux inviolables.
Calculer le volume de la cuve
2 volumes sont à évaluer en amont :
- Le volume d’eau annuel (VEA)
- Le volume d’eau requis (VER)
Le volume d’eau annuel (VEA)
Formule : surface de toiture x coef. d'écoulement (0,75) x coef. de filtre (0,9) x indice de précipitation moyenne annuelle (Voir le site de Météo France pour données locales – Moyenne France 700 mm / M²)
(http://france.meteofrance.com/france/climat_france?46795.path=climat%252FFRANCE).
Le volume d’eau requis (VER)
WC = 24 L x nombre de personne x 365 jours
Lave-linge = 10 L x nbre de personne x 365 jours
Arrosage = 60 litres x surface en m²
Le volume de la cuve
Exemple : Alpes Maritimes - Nice – Surface de toiture de 170m² - 4 personnes - terrain de 500m²
VEA : 170 x 0,75 x 0,9 x 803 = 92 m3
VER : ((24 x 4)+(10 x 4) x 365)+(60 x 500) = 80 m3
Pour connaitre le volume de la cuve, prenez la plus petite valeur et la multiplié par 0,06
Soit : 80 m3 x 0,06 = 4,8 m3
Attention : Dans les régions à pluviométrie saisonnière, prévoir une cuve de capacité plus grande.